Autour du Bestiaire

Éric Lacombe – Laurent Martinez – Catherine Mainguy

15 Novembre 2018 – 28 Janvier 2019

 

« Autour du bestiaire » à la galerie Catherine Mainguy, sont réunis pour une exposition commune, trois artistes, Éric Lacombe, Laurent Martinez et Catherine Mainguy dans un univers intimiste. Ils nous invitent à observer leurs chimères, animaux totems et imaginaires, aux caractéristiques mi-animales mi-humaines qui ne sont pas sans faire échos à notre propre situation, à notre part bestiale, notre âme[1].

Vue de l’exposition à la Galerie Catherine Mainguy,
Au premier plan, Cassiopée, Laurent Martinez, 76 x 60 x 30 cm, 2018, Acier doux.

Au détour d’une promenade dans les descentes de la croix rousse, une galerie à l’allure de cabinet de curiosité attire la mienne en son sein. Dans la pénombre et l’obscurité, des œuvres tout aussi curieuses et esthétiques se montrent comme dans une chambre noire dans laquelle le visiteur entre en toute intimité. Dans la galerie, notre expérience reste personnelle et l’on crée notre propre mythologie, d’autant plus que les différentes productions se renvoient les unes aux autres dans une logique presque narrative laissée à l’interprétation de chacun. Dans l’obscurité du bois, monstres et légendes peuvent surgir.

M05, Éric Lacombe, 56 x 42 cm, 2018, Encre sur papier.

Les œuvres d’Éric Lacombe donnent à voir un univers fantasmagorique où son bestiaire tend vers une profonde mélancolie. Le trait de sa ligne évoque la chair et l’âme animales. Sa ligne panse les blessures, animales, mais aussi humaines[2].

Vue de l’exposition à la Galerie Catherine Mainguy,
De gauche à droite, M10, Éric Lacombe, 16 x 18 cm, 2018, Encre sur papier.
Anima 18, Catherine Mainguy, 20 x 30 cm, 2018, Dessin sur photographie, Tirage fine art unique.
M09, Éric Lacombe, 16 x 18 cm, 2018, Encre sur papier.
M08, Éric Lacombe, 16 x 18 cm, 2018, Encre sur papier.
Anima 19, Catherine Mainguy, 20 x 30 cm, 2018, Dessin sur photographie, Tirage fine art unique.

Le fantasme et la rêverie d’Éric Lacombe se retrouvent en grande partie dans les fantasmes d’êtres hybrides, mi-hommes, mi-bêtes qui rappellent de très près les figures de la mythologie ou les dieux des religions polythéistes. Mais ici nous sommes près du cauchemar qui est un exutoire aux angoisses humaines, où l’angoisse de mort prend une bonne place. Les œuvres d’Éric Lacombe se caractérisent par une juxtaposition d’éléments figuratifs et de coups de pinceau expressionnistes. Lacombe déconstruit minutieusement les sujets de ses compositions pour mettre en valeur leurs qualités tridimensionnelles et invite les spectateurs à proposer leur propre interprétation de l’œuvre[3].

Abysses, Laurent Martinez, 67 x 54 x 25 cm, 2018, Acier doux

Laurent Martinez utilise, lui, le métal, viscéralement et dans une grande intimité. Ses créatures au sein de l’exposition prennent la forme de différents animaux qui viennent symboliser les différentes composantes émotionnelles du cycle de vie et de mort.  « En travaillant l’acier d’une manière plus brute, certaines émotions en sont ressorties ; elles m’ont conduit à construire pour déconstruire la matière. Je me suis ainsi rendu compte que l’agglomération et l’effondrement sur des parties précises de mes sculptures apportaient un aspect organique et une poésie nécessaire à la vie de mes créatures chimériques[4]. » Dans cet ensemble d’œuvres, on explore la lisière entre le réel et l’imaginaire, à travers la fantasmagorie et par conséquent nos identités corporelles et spirituelles[5].

Vue de l’exposition à la Galerie Catherine Mainguy

Toutes ces créatures semblent à première vue issues d’un autre monde, issues de l’imagination.  Toutefois, l’imitation joue un rôle important, l’imagination, ici, fait figure de métaphore créant des hybrides entre l’humain et l’animal ; des chimères. Les chimères et hybrides apparaîtraient régulièrement à des moments de transformations profondes des sociétés humaines[6].

De gauche à droite : Anima 13, Catherine Mainguy, 20 x 30 cm, 2018, Dessin sur photographie, Tirage fine art unique.
Anima 17, Catherine Mainguy, 20 x 30 cm, 2018, Dessin sur photographie, Tirage fine art unique.
Anima 11, Catherine Mainguy, 20 x 30 cm, 2018, Dessin sur photographie, Tirage fine art unique.
Anima 2, Catherine Mainguy, 30 x 45 cm, 2018, Dessin sur photographie, Tirage fine art unique.

Catherine Mainguy figure cette transformation en mêlant la photographie et le dessin au cœur d’une représentation de l’homme animal hybride, qui fait corps avec son âme animale « Anima » venant du latin signifiant « âme ». Le corps photographié se trouve en tentions avec la partie dessinée bestiale qui prend peu à peu possession de l’image. Ses hybrides ont un sens qui reste secret. L’hybridation est, elle, au cœur du vivant, et la chimère définit pour une grande part notre expérience d’être humain avançant comme sur un fil entre la conscience et l’inconscience[7].

Vue de l’exposition à la Galerie Catherine Mainguy,
Au premier plan, Pandémie, Laurent Martinez, 67 x 54 x 25 cm, 2018, Acier doux.

Vous avez à présent toutes les clefs en main et plus que quelques jours pour intimement pénétrer ce royaume bestiaire à la galerie Catherine Mainguy, du 15 novembre 2018 au 28 janvier 2019.

Amaury Scharf, Le champignon d’art, Article « Autour du Bestiaire » Éric Lacombe – Laurent Martinez – Catherine Mainguy – 15 novembre 2018 – 28 janvier 2019.


[1] Cf. communiqué de presse, Galerie Catherine Mainguy, http://www.catherine-mainguy.fr/galerie-cmainguy/autour-du-bestiaire/, consulté le 09/01/19

[2] Cf. Galerie Catherine Mainguy, http://www.catherine-mainguy.fr/galerie-cmainguy/eric-lacombe/, consulté le 09/01/19

[3] Cf. Site de l’artiste, http://www.ericlacombe.com/about/, consulté le 09/01/19

[4] Site de l’artiste, http://experimental-light.nuxit.net/, consulté le 09/01/19

[5] Cf. Hybrides et chimères, Paris-art.com, http://www.paris-art.com/hybrides-et-chimeres/, consulté le 09/01/19

[6] Ibidem

[7] Cf. Préf. de Catherine Guien, Olivier Michelon. Textes de Valérie Aébi-Sarrazy, Jean-Louis Augé, Hybrides et chimères : la conquête d’un rêve éveillé, ISBN : 9782914397063.

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